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Clonage, cancer et vieillissement!



L’un des grands enjeux éthiques de notre époque est sans contredit le clonage. Depuis peu, nous sommes capables de fabriquer des cellules souches (provenant de tissus embryonnaires humains) et de les maintenir en culture indéfiniment. Ces cellules, identiques à l’individu d’où elles proviennent, peuvent produire tous les types de tissus de l’organisme. Ces recherches laissent entrevoir de grands espoirs en médecine pour le traitement de nombreuses maladies et déficiences mortelles.

Aussi, le clonage peut nous renseigner dans deux domaines très importants qui nous concernent tous : le cancer et le vieillissement cellulaire. Nous savons que les cellules cancéreuses possèdent des caractéristiques des cellules souches. L’idée de reprogrammer ces cellules nous laisse croire que l’on pourrait contrecarrer le développement des cancers. Selon le centre international de recherche sur le cancer (Circ), en 2030, le nombre annuel de décès par cancer dans le monde devrait dépasser les 11 millions de personnes.

Pour ce qui est du vieillissement cellulaire, deux théories s’opposent encore aujourd’hui. L’une fait référence au vieillissement programmé des cellules et l’autre à leur endommagement aléatoire. Si les cellules sont programmées à vieillir, c’est qu’elles ne peuvent se diviser qu’un nombre limité de fois, nombre après lequel la cellule meurt.

L’autre théorie stipule que les cellules vieillissent à force d’être endommagées par des produits chimiques qui se retrouvent dans l’environnement. À mesure qu’on prend de l’âge, les dommages irréversibles se multiplient et affectent les systèmes de réparation de l’ADN, provoquant le vieillissement jusqu’à la mort.

Le clonage des mammifères à partir de cellules adultes, donnant naissance à des individus qui ont une espérance de vie identique à l’organisme original, nous amène à réfuter l’idée que nous soyons programmés à vieillir.

Ces grandes questions, évidemment, amènent des débats éthiques qui dépassent en complexité tout ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui. C’est dans ce domaine de recherche que je vais poursuivre mes études en septembre prochain avec le groupe de recherche en bioéthique (GREB) du département de médecine de l’Université de Montréal.